Métabolisme du phosphore durant la phase de transition

Autor: Walter Grünberg, Dr. med. vet, MS, PhD, Dipl. ECBHM, Dipl. ECAR, assoc. Dipl. ACVIM large animal, Universität Giessen
Vet Clin Food Anim 39 (2023) 261–274

Ces dernières années, la réduction de la teneur en phosphore dans l'alimentation des bovins a pris une importance croissante en raison de considérations environnementales et des ressources limitées. Les analyses des aliments pour animaux indiquent la teneur en phosphore des fourrages de base et précisent quel complément minéral convient pour compléter la ration. Les apports recommandés sont compris entre 3 et 4 g de phosphore/kg de matière sèche (MS) pour les vaches en lactation, en fonction de leur production, et de 2 g de phosphore/kg de MS pendant la période tarie. Dans la plupart des régions, les besoins sont déjà couverts par les fourrages de base. Un apport excessif en phosphore doit être évité pour des raisons environnementales. De plus, des teneurs élevées en phosphore dans l’alimentation pendant la période tarie ont des conséquences négatives sur la santé animale.

On constate régulièrement un faible taux de phosphore dans le sang des animaux souffrant du syndrome de la vache couchée qui ne répondent pas au traitement à base de calcium. Les analyses sanguines ne permettent de se prononcer que sur l'apport en phosphore à court terme et ne donnent aucune indication sur la situation à long terme. En effet, moins de 1 % du phosphore total se trouve dans le sang. Un faible taux de phosphore dans le sang n’indique donc pas nécessairement une carence en phosphore à long terme due à l’alimentation. Il peut également être dû à une perte d’appétit passagère. De plus, aucune étude ne démontre qu’une carence en phosphore seule puisse entraîner une faiblesse musculaire et une parésie. Il est concevable qu’une carence en phosphore, associée à d’autres facteurs, contribue à la parésie après le vêlage. Dans ces cas, il ne faut donc pas en conclure qu’il faille compléter la ration avec davantage de phosphore. C’est précisément pendant la période tarie que des teneurs élevées en phosphore ont même des effets négatifs sur la santé des animaux. Une ration pour vaches taries contenant ne serait-ce que 3 g de P/kg de MS entraîne déjà des effets néfastes sur le métabolisme calcique autour de la mise bas. Une alimentation restrictive en phosphore pendant les dernières semaines de gestation réduit le risque d’hypocalcémie. Au début de la lactation, une alimentation pauvre en phosphore entraîne toutefois une diminution de la consommation alimentaire. Il ne faut pas descendre en dessous des apports recommandés mentionnés ci-dessus.

 

Auteure Christina Widmer SBS

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