Résumé du webinaire en français le thème “Santé mammaire, actualité et terrain”

Luc Gerber, vétérinaire chez Farmconsult et à La Clinique du Vieux-Château, a été le premier intervenant de ce webinaire et nous a rappelé que la santé mammaire reste l'un des principaux défis des élevages laitiers. Les mammites constituent la première pathologie chez les vaches laitières et représentent une cause majeure d'utilisation d'antibiotiques ainsi que de réforme des animaux. La plus grande partie de ces coûts est indirecte et provient principalement des pertes de production, des réformes prématurées et des conséquences sur la reproduction. Les mammites subcliniques représentent également une charge économique importante, notamment en raison de leur impact sur la production laitière et sur le comptage cellulaire du troupeau.

La maîtrise de la santé mammaire constitue un enjeu complexe, résultant de l’interaction de multiples facteurs tels que la qualité de la litière, les conditions d’élevage, les infrastructures, le statut immunitaire des animaux, la gestion sanitaire du troupeau, ainsi que l’organisation de la traite et le fonctionnement de l’installation de traite.

Selon les études présentées, entre 10 et 20 % des problèmes de santé mammaire peuvent être directement liés au système de traite. Une traite efficace doit permettre une extraction rapide du lait tout en préservant l'intégrité des trayons et le confort des animaux.

Des mesures des systèmes de traite peuvent apporter des éléments essentiels pour améliorer la santé mammaire. Que cela soit des mesures statiques effectuées hors de la traite ou de façon dynamique, elles sont complémentaires.

Lors de ce webinaire, nous avons regardé plus en détail le fonctionnement des mesures dynamiques à l’aide de l’appareil Vedia®. L’avantage des mesures dynamiques en salle de traite est qu’elles permettent d'objectiver les performances du système de traite (machine à traire standard ou robot) en conditions réelles et de détecter certains dysfonctionnements susceptibles d'altérer la santé mammaire.

A l’aide de quatre cas pratiques, nous avons pu constater l’intérêt de ces mesures qui restent un outil complémentaire à une approche globale.

Michèle Bodmer, professeure et co-directrice de la clinique des ruminants à Berne, nous a ensuite exposé les actualités concernant la gestion raisonnée des mammites en lactation et du tarissement.

La décision thérapeutique d’une mammite repose sur plusieurs éléments comme l’anamnèse, l’examen clinique, le niveau de gravité, les résultats bactériologiques et l’historique sanitaire de la vache ainsi que du troupeau.

Les mammites cliniques sont généralement classées selon trois degrés de sévérité, permettant d'adapter la stratégie thérapeutique. Le grade I se caractérise par un nombre élevé de cellules somatiques et par une modification de l’aspect du lait. Le grade II, en plus de ces caractéristiques, se manifeste par une mamelle indurée et augmentée de volume. Enfin, le grade III reprend les signes du grade II et s’accompagne d’une altération de l’état général de la vache, avec une forte fièvre, une diminution de l’appétit, voire une incapacité à se lever.

Les mammites subcliniques, qui se manifestent uniquement par une élévation du nombre de cellules somatiques, ne devraient pas être traitées sans analyse bactériologique préalable. Dans la majorité des cas, une culture bactériologique suffit pour identifier l'agent pathogène. Une PCR est toutefois recommandée en cas de suspicion de Mycoplasmopsis bovis (anciennement Mycoplasma bovis) ou lorsqu'une typisation de Staphylococcus aureus est requise.

Pour les mammites subcliniques ainsi que les mammites cliniques de grade I, les infections à staphylocoques à coagulase négative (SCN), Corynebacterium bovis, les streptocoques non spécifiques ou les analyses sans croissance bactérienne ne nécessitent généralement pas de traitement en lactation contrairement aux infections à Streptococcus uberis ou Staphylococcus aureus. Toute décision de traitement devrait se faire en estimant les chances de guérison. Les facteurs comme l’âge de la vache, le nombre de quartier atteint, le stade de lactation, l’historique des mammites et bien entendu l’agent pathogène devront être soigneusement évalués.

Les mammites de grade III sont une urgence vitale et l’intervention du vétérinaire est indispensable pour augmenter les chances de survie de la vache. Le traitement proposé combinera anti-inflammatoire, perfusion et antibiotique par voie systémique dans un premier temps, puis après lecture des analyses bactériologiques, il pourra être complété selon les cas par des antibiotiques par voie intra-mammaire.

Le tarissement sélectif vise à réduire l'utilisation des antibiotiques en réservant les traitements aux animaux qui en ont réellement besoin. Cette stratégie nécessite une bonne connaissance du statut sanitaire des vaches grâce au suivi des comptages cellulaires et aux analyses de lait.

La réussite du tarissement repose également sur une préparation adaptée, notamment par la diminution progressive de la production laitière avant l'arrêt de la traite.

Cependant, cette approche n'est pas recommandée dans les troupeaux présentant des problèmes persistants de santé mammaire ou une circulation importante de pathogènes contagieux tels que Staphylococcus aureus.

En conclusion, rappelons que la prévention des mammites est plus rentable que leur traitement. La santé mammaire dépend de nombreux facteurs et nécessite une approche globale en cas de problèmes. Toute mammite, clinique ou subclinique, doit être accompagnée d’une analyse bactériologique, celle-ci constituant un élément déterminant dans le choix du traitement.

 

Auteure Véronique Schneider SBS

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